Turquie : la ligne Çerkezköy–Kapıkule de 153 km ouverte vers la frontière bulgare
La section Çerkezköy–Kapıkule (153 km, 200 km/h, 553 M€ dont 275 M€ de l'UE) relie depuis le 10 octobre la région d'Istanbul à la frontière bulgare.
La Turquie a mis en service le 10 octobre 2026 la section Çerkezköy–Kapıkule de la ligne Halkalı–Kapıkule : 153 km de voie double électrifiée, conçue pour 200 km/h, qui relie la région d'Istanbul à la frontière bulgare. La cérémonie s'est tenue en gare de Babaeski en présence du ministre des Transports et des Infrastructures, Abdülkadir Uraloğlu.
153 km, six gares et 200 km/h
Selon la fiche du projet publiée par le ministère turc des Transports, la section compte :
- 152,9 km de ligne, dont 142,5 km à double voie et 10,4 km à triple voie ;
- 6 gares ;
- une vitesse de conception de 200 km/h, pour les trains de voyageurs comme pour le fret ;
- un coût total de 553 millions d'euros, dont 275 millions apportés par l'Union européenne dans le cadre du programme opérationnel sectoriel transport.
D'après les déclarations du ministre rapportées par Ekonomi Gazetesi, la ligne est équipée d'une signalisation de niveau 1 et dessert les provinces de Tekirdağ, Kırklareli et Edirne. Le nombre de provinces reliées directement à la grande vitesse passe ainsi de 11 à 14. Le trajet Çerkezköy–Edirne descend à environ 54 minutes.
Une gare frontière agrandie à Kapıkule
La gare de Kapıkule, point de passage vers la Bulgarie et l'Union européenne, a été profondément remaniée : sa surface passe de 253 000 à 660 000 m² et le nombre de voies de 23 à 42. Le ministère attend de ces travaux une baisse des temps d'attente des trains de fret à la frontière.
Ce qu'il reste à construire
La ligne complète Halkalı–Kapıkule mesure 229 km. Deux tronçons restent à terminer côté Istanbul :
- Ispartakule–Çerkezköy (69 km), en travaux ;
- Ispartakule–Halkalı (environ 7 km), annoncé presque achevé, avec une ouverture visée cette année.
Une fois l'ensemble en service, le ministère prévoit de ramener le trajet Halkalı–Kapıkule d'environ 4 heures à 1 h 36, et le temps de transit du fret de 6 h 30 à un peu plus de 3 heures. La capacité doit être multipliée par cinq, avec 10 millions de voyageurs et 3,6 millions de tonnes de fret par an.
L'analyse de TrainsNews
Ce tronçon est le maillon européen du « corridor du milieu » qui relie la Chine à l'Europe par l'Asie centrale, la Caspienne, la ligne Bakou–Tbilissi–Kars et le tunnel Marmaray sous le Bosphore. Pour le fret, l'enjeu ne se limite pas à la vitesse : la capacité de la gare frontière et la fluidité du passage vers le réseau bulgare pèseront autant que les 200 km/h de la ligne. La signalisation de niveau 1 annoncée devra aussi rester compatible avec le déploiement de l'ERTMS côté européen, condition pour faire circuler des trains de bout en bout sans changement de locomotive.
Pour aller plus loin : toute l'actualité ferroviaire européenne et notre annuaire des gestionnaires d'infrastructure en Europe.
Sources : ministère turc des Transports et des Infrastructures (fiche du projet ÇE-KA) ; déclarations d'Abdülkadir Uraloğlu du 10 octobre 2026 rapportées par Ekonomi Gazetesi.
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