Accident de Brétigny-sur-Orge (2013) : l'éclisse et la maintenance en cause
Le 12 juillet 2013 à 17 h 11, les quatre voitures de queue de l'Intercités n° 3657 Paris-Austerlitz–Limoges ont déraillé à l'entrée nord de la gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne. Sept personnes sont mortes : trois voyageurs du train et quatre personnes qui attendaient sur le quai n° 3. Pour le BEA-TT, la cause est une éclisse qui s'était désassemblée sur un appareil de voie, faute d'une maintenance qui aurait dû la repérer.
Par la rédaction TrainsNews · Mis à jour le 3 novembre 2026
Le 12 juillet 2013 à 17 h 11, les quatre voitures de queue de l'Intercités n° 3657 Paris-Austerlitz–Limoges ont déraillé à l'entrée nord de la gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne. Sept personnes sont mortes : trois voyageurs du train et quatre personnes qui attendaient sur le quai n° 3. Pour le BEA-TT, la cause est une éclisse qui s'était désassemblée sur un appareil de voie, faute d'une maintenance qui aurait dû la repérer.
| Date | Vendredi 12 juillet 2013, 17 h 11 |
| Lieu | Zone d'appareils de voie à l'entrée nord de la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), voie 1 de la ligne Paris–Orléans, environ 150 m avant le quai n° 3 |
| Train | Intercités n° 3657 Paris-Austerlitz–Limoges-Bénédictins, locomotive BB 26005 et 7 voitures Corail |
| Vitesse maximale de la ligne | 150 km/h sur la voie 1 à hauteur de Brétigny |
| Bilan | 7 morts et 32 blessés, dont 11 grièvement, selon le BEA-TT |
| Enquête technique | BEA-TT : rapport d'étape en janvier 2014, rapport final en septembre 2015 |
Ce vendredi, le train n° 3657 roule vers Limoges sur la voie 1 de la ligne de Paris à Orléans. Il circule du lundi au vendredi entre Paris-Austerlitz et Limoges-Bénédictins, avec arrêts à Châteauroux et à La Souterraine, précise le rapport final du BEA-TT. Ce jour-là, la locomotive BB 26005 tracte 7 voitures Corail, pour 202 m et 419 tonnes : une composition conforme, selon les enquêteurs.
Ce qui s'est passé à l'entrée de la gare
À l'entrée nord de Brétigny, une diagonale de cinq traversées jonctions doubles coupe toutes les voies principales. Ces appareils, franchis en voie directe à la vitesse de la ligne et à 30 km/h en voie déviée, sont complexes à entretenir, surtout quand ils sont groupés, écrit le BEA-TT.
La locomotive et les premières voitures passent. Les quatre dernières déraillent sur la traversée jonction double 6/7/8/9. Les deux premières voitures déraillées restent sur la voie 1 et se couchent sur le flanc droit. La troisième se met en travers entre les voies 1 et 3 et balaie le quai n° 3 sur une centaine de mètres. La dernière s'arrête sur la voie 3 sans se coucher. Le conducteur déclenche le freinage d'urgence et les alertes radio et lumineuses ; la tête du train s'arrête à la sortie sud de la gare.
Le bilan est très lourd : sept morts, trois voyageurs et quatre personnes présentes sur le quai, et 32 blessés, dont 11 grièvement. Le BEA-TT ajoute qu'environ 200 autres personnes, dans le train ou en gare, ont été extrêmement choquées ou ont subi des préjudices matériels.
La cause : une éclisse qui a pivoté
Une éclisse est la pièce d'acier boulonnée qui relie deux rails successifs. À Brétigny, le joint concerné comptait quatre boulons. D'après le BEA-TT, le déraillement a été provoqué par l'éclisse intérieure de ce joint, qui a pivoté autour du quatrième boulon, dont la tête avait disparu, et s'est logée dans l'ornière du cœur de traversée.
Pour en arriver là, les trois autres boulons avaient dû sortir de leur logement. Le désassemblage a commencé par la rupture de la tête du troisième boulon, entre un et huit mois avant l'accident. Il a été favorisé par une fissuration en étoile qui se développait depuis 2008 dans l'about du cœur de traversée, jusqu'à ce qu'un morceau se détache. Les trois autres boulons ont cédé ensuite, l'un en se dévissant, les deux autres par rupture de leur tête, sans doute quelques jours seulement avant le déraillement, selon le rapport.
Le BEA-TT relève trois défaillances de maintenance sur cet appareil, pourtant connu pour ses difficultés. La rupture du troisième boulon n'a pas été repérée lors de la tournée de surveillance du 4 juillet 2013, ni lors des précédentes, sans doute parce que la boulonnerie recevait moins d'attention que d'autres défauts jugés plus critiques. La vérification approfondie de novembre 2011 a manqué de rigueur, puisque la fissure, vraisemblablement très avancée, n'a pas été signalée. Enfin, une erreur d'enregistrement en février 2008 dans le fichier de suivi des défauts a rendu inopérant le suivi annuel de cette fissure.
Sans établir de lien direct et formel, le rapport cite aussi des facteurs d'organisation propres à l'Île-de-France : le vieillissement du réseau, qui multiplie les interventions en urgence et fait différer des tâches jugées secondaires ; un encadrement de proximité parfois confié à de jeunes cadres sans assez de recul ; des contrôles et des audits qui n'ont pas permis de voir la dérive de la qualité de certaines opérations de maintenance.
Ce que le BEA-TT a demandé
Dès son rapport d'étape de janvier 2014, le BEA-TT a adressé trois recommandations : mieux maîtriser les assemblages boulonnés, en particulier sur les appareils très sollicités et peu visibles ; clarifier et renforcer les consignes de maintenance de la boulonnerie des appareils de voie ; adapter les plans de surveillance de ces appareils à leurs particularités, de manière fiable et contrôlable.
Le rapport final de septembre 2015 en ajoute trois, adressées au gestionnaire du réseau, sur le management de la maintenance du réseau ferré national : le déploiement de la modernisation du réseau, la gestion de l'encadrement dans les établissements de maintenance et la conduite des audits de sécurité.
Brétigny n'est pas un accident de grande vitesse, mais il figure parmi les accidents ferroviaires français les plus étudiés, avec l'accident du TGV d'Eckwersheim en 2015. Retrouvez les autres dans notre page sur les accidents ferroviaires.
Questions fréquentes
Combien de morts à Brétigny-sur-Orge en 2013 ?
Sept, selon le BEA-TT : trois voyageurs du train et quatre personnes qui se trouvaient sur le quai n° 3. Il y a eu 32 blessés, dont 11 grièvement.
Quelle est la cause de l'accident de Brétigny ?
Une éclisse désassemblée a pivoté et s'est logée dans l'ornière d'un cœur de traversée, sur la traversée jonction double 6/7/8/9. Pour le BEA-TT, ce désassemblage n'a pas été détecté à cause de défaillances de maintenance.
Quel train a déraillé ?
L'Intercités n° 3657 Paris-Austerlitz–Limoges-Bénédictins, composé de la locomotive BB 26005 et de 7 voitures Corail. Les quatre dernières voitures ont déraillé.
Qui a mené l'enquête technique ?
Le BEA-TT, le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre. Il a publié un rapport d'étape en janvier 2014 et son rapport final en septembre 2015. Une enquête technique ne recherche pas de responsabilités pénales.
Sources : BEA-TT, rapport d'enquête technique sur le déraillement du train Intercités n° 3657 le 12 juillet 2013 à Brétigny-sur-Orge (septembre 2015, copie publiée par l'ERA), p. 15-17 et 22 ; BEA-TT, résumé en anglais du rapport d'étape (mis à jour le 28 août 2023). Informations vérifiées le 3 novembre 2026.
Photo : la gare de Brétigny-sur-Orge sur une carte postale ancienne du début du XXe siècle. Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons
Article rédigé avec l'aide de l'IA à partir des sources citées, relu par la rédaction TrainsNews. Photo réelle, créditée sous l'image. Une erreur ? contact@trainsnews.com — Notre charte IA
Quelle est votre réaction ?
Aimer
0
Je n'aime pas
0
Amour
0
Drôle
0
Waouh
0
Triste
0
En colère
0

Commentaires (0)