Budget de l'UE 2028-2034 : le rail refuse la baisse des crédits du MIE
La CER et une quarantaine d'associations du rail demandent aux États membres de revenir sur la baisse de l'enveloppe transport du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe : 40,6 milliards d'euros proposés, dont près de 14 milliards pour la mobilité militaire.
Les acteurs du rail européen demandent aux États membres de revenir sur la baisse des crédits prévus pour les transports dans le prochain budget de l'Union, pour la période 2028-2034. Dans une lettre ouverte, une quarantaine d'associations du secteur, emmenées par la Communauté européenne du rail (CER), jugent insuffisante l'enveloppe proposée pour le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE), selon l'International Railway Journal du 19 octobre 2026.
Le texte en discussion est la « boîte de négociation » préparée par la présidence irlandaise du Conseil et datée du 10 octobre 2026. Il réserve 40,6 milliards d'euros, aux prix de 2025, au volet transport du MIE. Près de 14 milliards de cette somme iraient à la mobilité militaire, c'est-à-dire à l'adaptation des infrastructures au passage des convois et des matériels des armées. La Commission européenne avait demandé 45,8 milliards aux prix de 2025, soit environ 52 milliards en prix courants. La CER chiffre la baisse à 11 %.
Parmi les signataires figurent les gestionnaires d'infrastructure (EIM), les industriels (Unife), les loueurs de matériel (AERRL), le fret (ERFA), les détenteurs de wagons (UIP) et le transport combiné (UIRR). « Réduire maintenant les crédits des transports serait une fausse économie », a déclaré Alberto Mazzola, directeur exécutif de la CER. Les associations demandent de revenir au moins au montant de la Commission, de garantir une part minimale aux transports dans les plans nationaux et régionaux, et visent à plus long terme un MIE d'au moins 100 milliards d'euros.
Réunis à Bruxelles les 15 et 16 octobre, les chefs d'État et de gouvernement ont chargé le président du Conseil européen, António Costa, de faire avancer les discussions. Celui-ci a rappelé qu'il faut « garder les contributions nationales à un niveau raisonnable ».
Pour un regard d'expert, le chiffre qui pèse est ce qui reste aux projets civils : environ 26,6 milliards d'euros sur sept ans, soit moins de 4 milliards par an pour les 27 États membres. Or le réseau transeuropéen doit permettre d'ici 2030 des trains de fret de 740 m et des charges de 22,5 tonnes par essieu sur ses corridors principaux, ce qui suppose d'allonger des voies d'évitement, de renforcer des ponts et de déployer l'ERTMS. Les crédits militaires vont en partie aux mêmes ouvrages, car les projets financés doivent être à double usage, civil et militaire. Mais ils sont choisis d'abord selon les besoins des armées, sur des axes qui ne recoupent pas toujours les priorités du trafic voyageurs et du fret.
Le calendrier est serré. Le secteur veut un accord sur le cadre financier d'ici à la fin de 2026, pour que les textes soient adoptés en 2027 et que les fonds arrivent sans interruption dès janvier 2028. Le budget pluriannuel exige l'unanimité des États membres et l'approbation du Parlement européen, et rien n'est acquis : selon la note du Conseil, « rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu ».
Sources : International Railway Journal (19/10/2026) ; Conseil de l'UE, boîte de négociation CFP 2028-2034, note 13922/26 (10/10/2026).
Photo : Cirkulis11, CC0 1.0, via Wikimedia Commons
Article rédigé avec l'aide de l'IA à partir des sources officielles citées, relu par la rédaction TrainsNews. Photo réelle, créditée sous l'image. Une erreur ? contact@trainsnews.com — Notre charte IA
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