Collision entre un AVE et un Iryo près de Tolède : 69 morts
Un AVE de Renfe a percuté par l'arrière un train Iryo à l'arrêt près d'Urda (Tolède) : 69 morts selon le dernier bilan d'Emiliano García-Page, président de Castille-La Manche (29 octobre). La ligne Madrid–Andalousie est coupée.
Par la rédaction TrainsNews · Mis à jour le 29 octobre 2026 à 12 h 30
Mise à jour du 29 octobre, 12 h 30 : le bilan est passé à 69 morts, selon Emiliano García-Page (jeudi vers 10 h 40). Le ministre des Transports, Óscar Puente, met en cause un ordre donné par le centre de contrôle d'Adif : lire notre article du 29 octobre. Le reste de cet article décrit la situation au 28 octobre.
Une collision entre deux trains à grande vitesse a fait 69 morts ce mercredi matin près d'Urda, dans la province de Tolède, selon le dernier bilan du président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page (jeudi 29 octobre). L'AVE 2080 de Renfe, parti de Madrid vers Séville, a percuté par l'arrière le train Iryo 6076 qui circulait devant lui. La ligne à grande vitesse Madrid–Andalousie est coupée jusqu'à nouvel ordre.
Ce que l'on sait
L'accident s'est produit vers 8 h 54, au point kilométrique 118 de la ligne à grande vitesse, près d'Urda, entre un train de Renfe et un train d'Iryo qui assuraient tous deux le trajet Madrid–Séville, a indiqué Adif, le gestionnaire du réseau. Selon des sources du ministère des Transports citées par la presse espagnole, l'AVE a heurté par l'arrière le train d'Iryo, qui était à l'arrêt. Les deux dernières voitures de l'Iryo ont déraillé, et une partie est tombée en contrebas du talus.
En début d'après-midi, Emiliano García-Page a porté le bilan à « environ 64 » morts, « probablement avec une tendance à augmenter encore ». Selon lui, 24 victimes voyageaient dans l'AVE et 40 dans le train d'Iryo : 34 corps ont été sortis des voitures et 6 autres personnes, mortes, n'avaient pas encore pu être dégagées. Vers 13 h, il avait d'abord annoncé 30 morts (24 dans l'AVE, 6 dans l'Iryo), en précisant que les secours n'avaient pas encore pu fouiller tous les wagons. Il avait alors fait état d'environ 80 blessés : 30 classés en urgence légère (niveau vert), une cinquantaine en niveau jaune et plusieurs en état grave (niveau rouge), sans en donner le nombre. Le matin, la porte-parole du gouvernement régional, Esther Padilla, avait d'abord confirmé 10 morts.
La raison pour laquelle le train d'Iryo était arrêté n'est pas connue. Interrogée à ce sujet, la porte-parole régionale a jugé que spéculer serait « una temeridad », une imprudence. Emiliano García-Page a lui aussi refusé de se prononcer sur la cause avant les spécialistes. La Commission d'enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF) est l'organisme chargé de ce type d'enquête en Espagne.
Secours et circulation
La Junta de Castille-La Manche a déclenché son plan territorial d'urgence et demandé l'intervention de l'Unité militaire d'urgence (UME). La Garde civile, des hélicoptères médicalisés et des pompiers de la Communauté de Madrid ont été envoyés sur place. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a d'abord suivi la situation depuis le centre de contrôle d'Adif à Atocha, avant de se rendre sur les lieux. Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, s'est dit « consterné ».
La circulation est interrompue entre Madrid, Ciudad Real et l'Andalousie. Le ministère demande aux voyageurs qui avaient un billet pour aujourd'hui de ne pas se rendre en gare. Renfe propose l'échange et l'annulation sans frais. Adif a ouvert des points d'accueil dans les gares de Madrid-Atocha, Séville-Santa Justa et Cordoue, et Renfe a ouvert une ligne réservée aux familles des victimes : 900 10 10 20.
Notre analyse
Une collision par l'arrière entre deux trains sur une ligne à grande vitesse est un événement rarissime. Sur ce type de ligne, l'espacement des trains n'est pas confié au conducteur seul : il est géré par la signalisation en cabine, qui calcule pour chaque train une vitesse à ne pas dépasser et peut déclencher le freinage d'urgence. La ligne Madrid–Séville, ouverte en 1992, a été équipée à l'origine du système allemand LZB, que l'Espagne remplace par l'ERTMS de niveau 2. L'enquête devra établir dans quel mode circulait chaque train, quelles autorisations de mouvement ils avaient reçues et comment les deux trains se sont retrouvés sur le même canton.
Il est trop tôt pour tirer une conclusion. Les hypothèses qui circulent depuis ce matin ne sont confirmées par aucune source officielle. C'est le deuxième accident grave de l'année sur cet axe, après celui d'Adamuz, en janvier, dans la province de Cordoue. Nous avons consacré un article à l'accident d'Adamuz et à l'alerte de rupture de rail qui l'avait précédé.
Nous mettrons cet article à jour au fil des informations officielles.
Sources : Adif et Renfe (communiqués du 28 octobre 2026) ; gouvernement de Castille-La Manche, via elDiario.es, Lanza, déclarations d'Emiliano García-Page ; La Cerca et Cuadernos Manchegos (bilan d'environ 64 morts) ; Lanza (Europa Press) et Adif sur X ; Libertad Digital (28 octobre 2026). Informations arrêtées à 16 h 15.
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