Alstom va céder son usine de locomotives de Kassel à Rheinmetall : fin de 178 ans de construction ferroviaire ?
Alstom et Rheinmetall ont confirmé le 6 octobre 2026 un accord de principe pour la reprise du site de Kassel, où sont construites les locomotives Traxx. Environ 750 salariés sont concernés et IG Metall craint la fin de la construction de locomotives sur ce site historique.
Alstom et le groupe de défense allemand Rheinmetall ont confirmé le 6 octobre 2026 un accord de principe sur l'avenir du site Alstom de Kassel (Hesse), l'usine où sont assemblées les locomotives Traxx. Rheinmetall, voisin immédiat, veut reprendre les halls et le terrain ; les détails doivent encore être fixés par contrat et aucun calendrier n'a été annoncé (hessenschau, 6 octobre 2026).
Ce que l'on sait
| Site | Usine Alstom de Kassel, ancien site Henschel (puis Bombardier), berceau des locomotives Traxx |
| Repreneur | Rheinmetall, qui produit déjà des véhicules blindés à roues à Kassel (Rheinmetall Landsysteme) |
| Salariés | Environ 750 chez Alstom à Kassel |
| Statut | Accord de principe sur les « points essentiels » ; contrat à finaliser, négociations en cours avec les syndicats |
| Objectif affiché | Que les salariés d'Alstom puissent rejoindre Rheinmetall Landsysteme sur le site |
| Calendrier | Non communiqué |
| Montant | Non communiqué |
178 ans de locomotives en jeu
Le syndicat IG Metall dit regretter la perte annoncée de la construction de locomotives à Kassel, après 178 ans d'histoire. Henschel y a construit des locomotives à vapeur, puis diesel et électriques ; le site est passé chez Bombardier avant d'entrer dans le giron d'Alstom avec le rachat de Bombardier Transport en 2021. Les représentants du personnel avaient défendu le maintien de l'activité ferroviaire avec le mot d'ordre « Lokbau in Kassel muss bleiben » (la construction de locomotives doit rester à Kassel), et environ 900 personnes ont manifesté contre la vente la semaine précédente.
Alstom n'a pas précisé publiquement où serait transférée la production de Traxx. C'est la question centrale pour les clients européens du fret et des loueurs de locomotives, qui ont besoin de garanties sur les livraisons en cours, les pièces et le support des homologations nationales.
Pourquoi Alstom vend
Le contexte est double. D'un côté, Alstom poursuit la simplification de son outil industriel issu de la fusion avec Bombardier, après un avertissement sur résultats en avril 2026 lié à des retards de projets. De l'autre, l'industrie de défense allemande cherche des capacités industrielles rapidement disponibles : reprendre une usine voisine, avec des halls lourds et une main-d'œuvre qualifiée en mécanique et en soudage, permet à Rheinmetall d'accélérer sans construire un site neuf.
Le regard de l'ingénieur
Une locomotive Traxx n'est pas qu'un produit : c'est un catalogue de variantes (multisystème, dernier kilomètre diesel, packs nationaux de signalisation) et un dossier d'homologation dans chaque pays traversé. Déplacer la production impose de requalifier la chaîne d'assemblage et, selon les cas, de redémontrer la conformité de certains sous-ensembles. Pour les opérateurs de fret, le risque n'est pas tant la locomotive suivante que la continuité du support sur une flotte qui roulera encore trente ans, avec des équipements ETCS à mettre à jour au fil des versions de spécifications.
À lire aussi
- Virgin commande 12 Avelia Stream à Alstom pour la Manche
- Allemagne : le nouveau plan de rénovation des corridors
- ERA : vers un gel des spécifications ERTMS
FAQ
Que construit Alstom à Kassel ?
Les locomotives Traxx, électriques et multisystèmes, très répandues dans le fret européen.
La vente est-elle signée ?
Non. Il s'agit d'un accord de principe ; le contrat doit encore être finalisé et les négociations avec les syndicats sont en cours.
Combien de salariés sont concernés ?
Environ 750 salariés d'Alstom travaillent sur le site de Kassel.
Quelle est votre réaction ?
Aimer
0
Je n'aime pas
0
Amour
0
Drôle
0
Wow
0
Triste
0
En colère
0
Commentaires (0)