Adamuz : la rupture du rail connue 22h avant la catastrophe

Un rapport de la Garde civile révèle que le rail s'est rompu 22 heures avant l'accident d'Adamuz. Le système SAM n'a déclenché aucune alerte. 46 morts, enquête ouverte.

Adamuz : la rupture du rail connue 22h avant la catastrophe

La collision entre deux trains à grande vitesse en Espagne, qui a coûté la vie à 46 personnes le 18 janvier 2026, aurait pu être évitée. Un rapport de la Garde civile espagnole établit que le rail s'est rompu la veille.

L'accident d'Adamuz est le plus meurtrier survenu sur un réseau à grande vitesse européen depuis plusieurs années. Si les conclusions de l'enquête se confirment, la catastrophe résulterait non d'une défaillance soudaine mais d'une anomalie non traitée, enregistrée par les systèmes d'infrastructure eux-mêmes. La crédibilité de la sécurité ferroviaire espagnole — et plus largement européenne — est directement en jeu.

Le 17 janvier 2026 à 21h46, le système de signalisation SAM de la ligne Madrid–Séville enregistre une chute de tension anormale sur la voie, au point kilométrique 318+681. Cette perturbation électrique, compatible avec une rupture de rail, persiste sans interruption jusqu'à l'accident survenu le lendemain soir à 19h43. Trois trains circulent sur ce tronçon dans l'intervalle, sans qu'aucune intervention ne soit déclenchée. L'ETR 1000 d'Iryo déraille ensuite et percute frontalement un Alvia de Renfe arrivant en sens inverse, tuant 46 personnes et en blessant plus de 150.

La Garde civile a remis son rapport au tribunal de Montoro le 8 avril 2026. Il établit que le système SAM, opéré par Hitachi Rail GTS Spain, n'était pas configuré pour déclencher une alerte automatique en cas de rupture de rail, en raison d'un manque de fiabilité du dispositif dans cette infrastructure. Le rapport précise qu'ADIF, gestionnaire de l'infrastructure, n'avait pas exigé cette fonctionnalité — pourtant inscrite dans ses propres spécifications techniques. Sabotage et erreur humaine des conducteurs sont formellement écartés. Les analyses de laboratoire sur les rails et les soudures, conduites par la commission CIAF, sont encore en cours.


Sources : Guardia Civil española, rapport judiciaire remis au Juzgado de Montoro, 8 avril 2026 — CIAF (Comisión de Investigación de Accidentes Ferroviarios), rapport préliminaire, janvier 2026 — ADIF (Administrador de Infraestructuras Ferroviarias), communiqués officiels, janvier–avril 2026 — Euronews, dépêche AFP, 8 avril 2026.