TGV percuté par un convoi militaire : un conducteur tué
Un TGV Dunkerque-Paris a heurté un convoi exceptionnel transportant un pont militaire à Bully-les-Mines. Le conducteur, 56 ans, est mort. Seize blessés. Une enquête est ouverte.
La mort d'un conducteur de train en service constitue un événement grave et rare pour la communauté ferroviaire française. Elle repose la question de la cohabitation entre convois exceptionnels — gabarits hors normes autorisés à circuler sur des itinéraires réglementés — et l'infrastructure de passages à niveau, dont la France compte environ 15 000 unités. En 2024, 89 accidents y ont été recensés sur le réseau national, dont 20 mortels, selon SNCF Réseau.
Le choc s'est produit à 6 h 48, à hauteur du passage à niveau n° 96, rue Lamartine. Le TGV 7304, qui transportait 246 passagers et un équipage de trois agents, circulait à 160 km/h au moment de l'impact, selon le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch. Le convoi exceptionnel, géré par une société privée, transportait un pont mobile appartenant au 6e régiment du génie d'Angers, de retour d'un exercice militaire franco-belge. Son conducteur, un civil polonais de 30 ans, a été placé en garde à vue pour homicide involontaire aggravé et mise en danger délibérée d'une obligation de sécurité. Le parquet de Béthune, conduit par le procureur Étienne Thieffry, a ouvert une enquête. Selon un sénateur de la région, le poids lourd, qui avait laissé passer un premier train, aurait eu du mal à redémarrer sous l'inertie de sa charge avant l'arrivée du TGV — une hypothèse que l'enquête devra vérifier.
Le conducteur du TGV, 56 ans, professionnel chevronné, est décédé dans sa cabine. Seize personnes ont été blessées, dont deux en urgence absolue dont l'état n'engage plus leur pronostic vital. Quelque 150 secouristes ont été déployés sur place. Jean Castex, PDG de la SNCF, et le ministre des Transports Philippe Tabarot se sont rendus sur les lieux. La ligne Béthune–Lens reste fermée pour au minimum une semaine. Le passage à niveau était en état normal de fonctionnement, ses barrières ayant opéré correctement selon la SNCF. Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) mène une investigation technique indépendante. Le passage n'était pas inscrit au programme national de sécurisation des 146 ouvrages prioritaires.
Sources : Préfecture du Pas-de-Calais, communiqué, 7 avril 2026

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